Et même ces trucs qui semblent si carrés ne forment pas toujours des lignes droites.
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Et même ces trucs qui semblent si carrés ne forment pas toujours des lignes droites.
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A l'origine, je relisais mes vieux papiers en cherchant quelque chose de "joyeux". Bon, alors, forcément, j'ai rien trouvé, ou alors rien trouvé d'assez complet pour être posté.
Là, cet extrait de truc de machin, c'est une deuxième partie. J'aurais surement du poster la première d'abord, mais je la trouvais trop nulle, donc je m'abstiens. Ceci n'est pas brillant non plus, mais ce que vous pouvez essayer de faire, c'est d'écouter "People are strange", des Doors, en même temps. C'est en écoutant ça en boucle que je l'ai écrit. (et que j'ai pas réussi à reproduite cette putain d'ambiance qui me rentre dans la tête à l'écoute de cette sublime chanson).
-X-
« Plus tard on ira à New York tous les deux, je te le promets »
Jim expira bruyamment. Il fallait forcément qu’il y repense, juste en arrivant à New York, juste pour lui gâcher son plaisir. Il leva la tête et ouvrit la bouche, laissant les flocons froids s’écraser sur son visage et sa langue. En face, une grand-mère le regarda d’un air désapprobateur, il redressa la tête et l’affronta du regard. Aussitôt, la vieille femme pressa le pas. Lorsqu’elle disparut au bout de la rue, Jim releva la tête pour avaler de nouveaux flocons. Il n’avait plus un sou en poche et son estomac criait famine. Il avait usé ses dernières ressources pour s’offrir le trajet en ferry, à présent, il était totalement démuni.
Il secoua ses boucles brunes pour déloger la neige qui s’y était trouvait. De toute façon, il était totalement trempé alors un peu plus ou un peu moins … Il ne s’était ni changé ni lavé depuis plus d’une semaine et commençait à empester et à afficher un air quelque peu effrayant. Il avait pu se raser peu de temps auparavant et son menton était donc imberbe ce qui contrastait avec ses longs cheveux sales et mal coiffés. Il ne se souvenait même plus de son dernier rendez-vous chez le coiffeur. Son jean élimé était totalement trempé. Par dessus pendait une chemise blanche et sale, vaguement masquée par un polo noir fatigué. Deux ronds de cuir brun gris semblait collé à ses coudes, vestige de l’ancien design de son vêtement. Le polo n’étant pas imperméable, Jim grelottait. Pourtant, il ne parvenait pas à maudire la neige et ne pouvait s’empêcher de s’en émerveiller. Comme un gosse il regardait le ciel gris et nuageux, la buée provoquée par son souffle et la blancheur de la neige en souriant. Il fit quelques pas, ses yeux vert d’eau survolant la chaussée. Des yeux d’un vert d’eau vive, légèrement bleutés, presque gris parfois. A l’instant, ils semblaient jaunes à cause de l’éclairage violent d’un réverbère tout proche. Comme ils le faisaient parfois avec la lumière du soleil, ses yeux semblaient animés de reflets citrons et doré, ce qui leur conféraient cette teinte. Il continua à marcher sur quelques mètres, puis il prit son élan et, en courant, se jeta en avant pour faire une longue glissade sur la route. Sa vitesse s’accéléra, la route était en pente. Bientôt, il dépassa à vive allure la petite vieille croisée quelques instants auparavant et il leva son doigt pour lui adresser un geste obscène. Puis lentement, tandis qu’il abordait une côte, il ralentit, jusqu’à s’arrêter. Essoufflé, il posa ses mains sur ses genoux. Ses yeux étaient humides, mais comme à son habitude, il refoula ses larmes. Il se sentait si seul. Il regarda autour de lui. Il avait l’impression de baigner dans un sentiment d’irréalité. Les immeubles trop hauts, la lumière des lampadaires trop vive, et même le père Noël, sur sa bouteille de Cola lui paraissait inconnu, étrange et menaçant. Il toussa. Une toux rauque et violente qui le plia en deux. Pantelant, il se laissa glisser au sol en grimaçant. Il avait l’impression qu’il allait vomir ses poumons. Il fouilla dans ses poches à la recherche de son briquet, puis à celle de son paquet de cigarette … avant de se souvenir qu’il n’avait plus un rond, donc plus une clope. Il se releva avec difficulté et reprit sa marche. Son but premier était de manger, le second d’acheter des clopes, et le troisième de se reposer.
Au coin d’une rue, près d’un lampadaire, un clochard chantait. Un noir d’une quarantaine d’années, un bonnet en laine grise enfoncé sur la tête, une bouteille de vodka à la main. Il s’approcha de Jim en souriant.
- T’as besoin quelque chose mon pote ?
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